Et si on s’en battait les ovaires ?

Ces derniers jours, Trump est partout. A la télé, dans les magazines, à la radio, et même dans nos utérus. Et avec lui, toute une clique de conservateurs-arriérés-coincés qui légifèrent aussi vite que Lucky Luke dégaine son pistolet, mais pas aussi bien, malheureusement.

Je voulais réagir parce que ce n’est pas le premier, et ce ne sera certainement pas le dernier, à mettre en danger des droits aussi fondamentaux. Depuis une paire d’années, les Hommes accomplissent des prouesses technologiques et scientifiques extraordinaires, pourtant ils régressent dangereusement sur le plan social. Et franchement, ça craint. J’ai pas d’autres mots. Je ne comprends pas que les individus gaspillent autant de leur temps à débattre sur des sujets qui ne les concernent absolument pas. Comment une dizaine d’hommes peuvent-ils édicter des lois sur ce que les femmes ont le droit de faire avec leur corps ? Si l’on doit saigner 5 jours par mois pendant la majeure partie de notre vie, la moindre des choses est d’accepter que c’est à nous de décider de ce qui entre et sort de notre corps. Alors je vous vois venir, il y a bien des femmes pour s’insurger à leur tour que leurs congénères puissent ne pas vouloir enfanter, certaines politiques issues du célèbre parti à la flamme qui brûle la liberté se présentent même comme des accidents qui se vivent bien. Libre à elles de nourrir leurs convictions, il n’empêche que leurs croyances n’ont pas à empêcher d’autres femmes de disposer de leur corps comme elles le veulent.

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Nous sommes en 2017, il y a des débats qui n’ont plus lieu d’être. J’aime à croire qu’ils ont été justifiés, jadis, par un manque de connaissances, une mentalité très étriquée et des mœurs religieuses fort envahissantes. Mais pas aujourd’hui. Nous n’avons pas le droit, en tant qu’individus civilisés, éduqués et sensibles de décider de ce qu’autrui peut faire, ou non, avec son corps. Être pour le droit à l’avortement, ce n’est pas encourager toutes les femmes enceintes à utiliser ce recours, c’est leur donner la possibilité de le faire quelles que soient les raisons qui motivent ce choix. Nul ne devrait se trouver acculé, en situation de détresse, parce que la loi ne lui permet pas de disposer comme bon lui semble de son propre corps. Jamais. Nous avons à essuyer de nouvelles polémiques à chaque saison, toujours motivées par une minorité d’individus qui se veulent les dictateurs des droits de tout un chacun, si bien que si nous les écoutions nous finirions par ne plus avoir de droits du tout. Nous ne pourrions plus nous marier avec la personne que l’on aime, porter ce qui nous plaît, commander un gâteau chez le boulanger de notre choix, voyager où bon nous semble, ni décider si nous nous sentons apte/si nous voulons donner la vie. Attendez… Ces droits si simples ne sont déjà pas garantis partout.

Jamais on a vu des femmes se réunir pour légiférer sur les droits des hommes. Si l’on a au 19e et 20e siècle mesuré la taille des maillots de bain féminins sur les plages, pour vérifier qu’ils n’étaient pas trop courts, puis débattu au 21e pour savoir s’ils n’étaient pas désormais trop longs, a-t-on monopolisé du temps de parole au journal de 20h pour discuter des slips moule-tout de ces messieurs ? A-t-on inondé les réseaux sociaux d’articles pour dénoncer le scandale des chaussettes-sandales ou des t-shirts de Johnny Hallyday ? Non. Alors laissez nos utérus en paix. Certains clament défendre les droits des foetus qui s’y trouvent, mais n’oubliez pas qui devra les porter pendant 9 mois, qui ils devront déchirer le jour où ils devront sortir, et qui devra s’en occuper pour le restant de ses jours. Ce n’est pas vous. Ce n’est pas votre corps. Ce n’est pas votre décision.

Au lieu de gaspiller votre temps et votre énergie à débattre de sujets qui ne vous concernent pas, à vouloir prendre des décisions qui ne vous appartiennent pas, recentrez votre attention sur les vrais débats. Efforcez-vous d’offrir un monde meilleur à vos enfants, défendez l’accès aux soins, à l’éducation, au travail et au logement pour tous. Et si vous vous inquiétez tant pour les femmes, exigez de véritables peines contre les viols et le harcèlement, battez-vous pour l’égalité. Vous verrez que le monde se portera tout de suite beaucoup mieux.

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2 Comments

  1. Ash

    février 18, 2017 at 5:17

    Nos voix sont entendues, par certains 🙂 il ne faut jamais baisser les bras. Très bon article !

    1. Pauline Perrier

      février 18, 2017 at 5:28

      Bonjour,
      En effet il ne faut pas baisser les bras ! Notre génération a encore beaucoup de combats à mener. Merci pour votre commentaire 🙂

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