[Chronique] Le soleil ne se cachera pas pour mourir

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Photo perso

Il y a quelques semaines, j’ai été contactée par les éditions Privat pour chroniquer Le soleil ne se cachera pas pour mourir, un ouvrage signé Jean-Pierre Alaux et Sylvie Vauclair. Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre avec ce roman, sachant que je ne suis pas une fan de polars, mais la thématique de l’astronomie (qui me plaît) étant bien mise en avant dans le résumé, j’ai accepté.

Résumé :

« Que deviendrions-nous si un astéroïde géant percutait la Lune ? Quel serait notre avenir, pauvres Terriens, si le Soleil, cette remarquable centrale nucléaire, était soudain en surchauffe ? Autant de questions que se pose le séduisant Arthur Azart quand il entreprend d’écrire la fabuleuse histoire du Pic du Midi. Aussi bien attiré par les sports de glisse que par les essaims d’étoiles peuplant l’Univers, le jeune garçon se lie d’amitié avec la célèbre astrophysicienne Véronique Verseau. Embarqués dans une véritable odyssée cosmique ponctuée. d’incessants rebondissements à quelque 3 000 mètres d’altitude, ils se retrouvent soudain en proie à une spectaculaire tempête de neige. C’est donc à un fascinant et haletant huis clos auquel nous convient les deux auteurs. »

Mon avis :

Mitigé

Je vous ai livré une version courte de la 4e de couverture, mais concrètement celle-ci promet un « polar glaçant ». Or, je dois dire que le suspense est altéré par l’abondance de discours scientifiques, ce qui est dommage car tous les ingrédients sont réunis pour un roman à la Agatha Christie : une kyrielle de personnages à la psychologie travaillée, une tempête de neige qui les enferme dans un observatoire et un membre du groupe soudainement introuvable…

Mais commençons par le commencement. Arthur Azart est un mordu de sports de glisse dont le compte en banque stagne dans le rouge. Pour le remplumer, il décide d’écrire un roman sur le Pic du Midi et va, pour cela, convaincre la célèbre astrophysicienne Véronique Verseau de lui apprendre les secrets du ciel. Avec la scientifique, son meilleur ami Gabriel et la mère de celui-ci, Tsilla, Arthur gagne l’observatoire du Pic du Midi pour étudier les étoiles. La suite, je vous l’ai présentée plus haut. Tout d’abord, j’ai trouvé que l’histoire et les personnages étaient souvent dans la démesure. Arthur est toujours présenté comme un « beau gosse », sa seule faiblesse est de souffrir de photophobie, ce qui n’a pas de quoi créer de l’empathie. Gabriel est présenté comme un Dieu grec. Tsilla, quant à elle, geint tout le temps, et je pense qu’elle est en trop dans l’histoire car elle ne la fait pas vraiment avancer. Malgré tout, si je n’ai pas accroché avec Tsilla, j’ai réussi à me lier aux garçons par la suite, et au reste des touristes piégés dans l’observatoire, même si leurs présentations manquent souvent de nuance.

Dès le chapitre 2, le ton est donné : un touriste manque à l’appel et une arme est retrouvée dans sa chambre. Là, je me suis dit que ça allait chauffer sévère et que l’histoire était lancée. J’avais vraiment envie de savoir la suite. Le problème, c’est que les auteurs ont beaucoup misé sur le côté Daech, et je trouvais ça un peu facile. Il y a beaucoup de références contemporaines dans l’ouvrage, ce qui est chouette car on comprend systématiquement les petites allusions, mais Daech, moi, j’en ai marre qu’on me le serve à toutes les sauces. Mais bon, passe encore, c’est une manière de brouiller les pistes et si les auteurs s’étaient lâchés un peu plus, ils auraient vraiment pu imaginer un attentat aussi singulier. Parce que le cadre du roman est clairement original : c’est ce qui m’a le plus plu.

Comme les personnages sont venus là pour apprendre les secrets du ciel, le livre regorge d’explications scientifiques présentées de sorte qu’elles sont accessibles à tous. Là aussi, j’étais contente, car j’adore me perdre dans la contemplation du ciel, même si je n’y connais rien du tout. J’ai refermé ce livre en ayant appris des choses, et je pense que c’est ce que tous les livres devraient faire : nous instruire. En revanche, les dialogues didactiques abondent, les interventions de Tsilla qui, j’imagine, joue le rôle du lecteur non-initié voulant s’assurer d’avoir tout compris, alourdissent quelque peu ces explications. Surtout, leur surnombre masque le drame qui se joue au second-plan, et c’est dommage car bon sang ! Il y a de quoi s’inquiéter. Or, même après avoir trouvé du sang sous la porte d’un bunker, les personnages prennent le temps de contempler le soleil, de s’étaler de la crème solaire et de papoter astronomie, alors qu’ils devraient être terrorisés.

Enfin, j’ai été déçue par la chute de l’histoire. J’ai eu l’impression que la narration s’arrêtait brutalement pour passer aux explications, c’est assez maladroit. Le scenario se tient, mais il m’a manqué le truc en plus. Je pense que c’est dû au fait que je n’étais pas suffisamment en tension car le climat angoissant est rudement mis à mal par la prolifération d’explications scientifiques.

Conclusion :

En soi, le livre se lit très vite puisque je l’ai fini au cours du week-end, le cadre de l’action est original et on apprend beaucoup de choses. Un peu comme un épisode de C’est pas sorcier sur fond de polar. Je trouve l’idée très bonne. Ce qui m’a gênée, c’est que tout soit toujours dans le « trop » : les réactions des personnages, leurs sentiments, leurs sautes d’humeur, la manière dont ils se fâchent pour se réconcilier en dix secondes… et que l’intrigue soit reléguée au second plan pour donner toute la place aux discours scientifiques. Avec un meilleur dosage, le livre serait tout à fait captivant. Mais si vous avez le goût des sciences et/ou que vous souhaitez percer les mystères du ciel, foncez. En revanche, si vous aimez les polars haletants, voire sanglants, il y a des chances pour que vous soyez déçu.

PS : Je pense que c’est volontaire, étant donné que les auteurs connaissent très bien la région, mais j’ai adoré la référence au docteur Beaulieu à la fin du livre (d’ailleurs, j’ai prévu de parler de lui la semaine prochaine, restez connectés !)

Acheter l’ouvrage


Cette semaine, le café des blogueuses proposait de réaliser une chronique. Comme je venais juste de recevoir ce service presse, je l’intègre au challenge hebdomadaire. Je vous propose donc de découvrir trois blogs (littéraires) qui me plaisent :

Grâce Minilibé : Une jeune auteure qui parle littérature avec nous

Carnet Parisien : Des chroniques à gogo

Florylège Books : On y papote littérature, entre chroniques et tags.

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2 Comments

  1. Grâce Minlibé

    mai 22, 2017 at 2:15

    Belle surprise de voir mon prénom en fin d’article. Merci 🙂

    1. Pauline Perrier

      mai 22, 2017 at 2:46

      Avec plaisir 🙂

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