Coup de coeur de la semaine : La tresse, un roman de Laetitia Colombani

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Pardon pour la photo mais le jaune n’est pas facile à mettre en scène

Résumé :

« Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.

Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.

Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.

Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.

Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité. »

Mon avis :

Gros coup de cœur

J’ai demandé ce livre en service presse aux éditions Grasset et mon mail est resté sans réponse. Puis, un beau matin, surprise dans ma boîte aux lettres : le roman était là ! Je remercie donc les éditions Grasset pour ce service presse, non seulement pour leur confiance mais surtout pour cette superbe découverte. Je n’avais encore jamais rien lu de Laetitia Colombani, mais il est certain que je suivrai désormais ses moindres parutions.

C’est un roman très court, qui fait 224 pages, et qui se lit très vite. Je l’ai commencé le vendredi soir et, si je n’avais pas eu une grosse journée de travail qui m’attendait le lendemain, je l’aurais fini d’une traite. J’ai gardé une cinquantaine de pages pour ma séquence lecture du samedi soir, et autant vous dire que j’ai beaucoup pensé aux personnages pendant ma journée de boulot. J’étais complètement imprégnée. L’écriture est fluide, le récit rythmé et l’intrigue nous plonge de plus en plus profondément dans l’histoire de Smita, Giulia et Sarah au fil des pages. C’est une histoire qui nous happe avec douceur, qui nous absorbe lentement mais sûrement, et dont il est très difficile de s’extirper. J’ai aimé la finesse de l’écriture, la façon dont ces trois destins se croisaient pour se lier. C’est une lecture enrichissante, dont on ressort grandi. On y apprend des éléments culturels, notamment sur l’Inde qui est un pays que je connais mal et dont j’étais heureuse d’apprendre de nouveaux aspects sociaux et culturels. Qui plus est, le texte met en lumière de nombreuses discriminations exercées à l’encontre des femmes, les combats quotidiens qu’elles doivent mener pour exister dignement dans la société, et j’estime qu’il est important d’en parler.

Je me suis beaucoup attachée aux trois femmes que l’on suit, j’ai aimé la manière dont les différents univers étaient retranscrits et j’ai vraiment eu le sentiment de voyager d’un pays à l’autre au gré des chapitres. C’est drôle car lorsqu’un chapitre traite de Sarah, qui est une femme plus froide que Smita ou Giulia, j’ai eu l’impression que le décor était également plus stérile, plus distant, tandis qu’en suivant Giulia en Italie je pouvais presque percevoir les rues animées, les citronniers et le soleil, ou bien me sentir dépaysée, parfois oppressée, à travers les yeux de Smita. C’est pour dire à quel point l’écriture est subtile et l’intrigue bien menée ! Je n’ai aucun point négatif à soulever, si ce n’est que j’aurais aimé quelques lignes supplémentaires dans le dernier chapitre de Smita et Lalita (sa fille) afin de savoir ce qu’il adviendrait d’elles, un peu comme cela est présenté pour Giulia. Quant au message qui se dégage de cette œuvre, il est délivré avec délicatesse, finesse et justesse : Laetitia Colombani ne dénonce pas, elle dépeint. C’est une histoire criante de vérité qu’elle nous livre dans cet ouvrage, une ode à l’émancipation et à la liberté des femmes. Après cette lecture, on a envie de prendre sa vie en main et de ne plus jamais laisser personne nous marcher sur les pieds, pourtant la narration est douce, il n’y a jamais de jugement de valeur qui est porté sur ce que traversent ces femmes, tout est dans la finesse, la subtilité. C’est un plaidoyer de fer dans une narration de velours. Et c’est là, je pense, toute la beauté de ce roman.

Je ne peux que vous inviter à vous procurer La tresse, non seulement car l’histoire est belle, rondement menée, que tout tient la route, qu’il y a des rebondissements, des personnages attachants (même les plus secondaires), mais aussi parce que c’est un texte fort, dont on ne sort pas inchangé. Pour moi, c’est un véritable coup de cœur et La tresse fera partie de ces livres que je tiens en estime, soigneusement rangé dans ma bibliothèque et dont je ne me séparerai sous aucun prétexte.

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