[Chronique] Les faucheurs sont les anges, Alden Bell

Les faucheurs sont les anges, Alden Bell
Photo perso

Résumé :

« Temple a quinze ans. Elle ne peut se souvenir du monde tel qu’il était avant, il y a vingt-cinq ans. Avant que les morts ne reviennent à la vie, avant de se retrouver seule ou presque, sans personne d’autre qu’elle-même pour assurer sa survie. Heureusement, elle semble faite pour ça, et son périple sur les routes des Etats-Unis lui permet de se nourrir chaque jour de la beauté du monde. Pourquoi, dès lors, éprouver le moindre ressentiment pour les autres : les limaces, les sacs à viande. les zombies. »

Mon avis :

Mitigé

J’ai lu ce livre complètement par hasard. Dans mon école, il y a une bibliothèque où les gens se débarrassent des livres dont ils ne veulent plus, et on peut en récupérer autant qu’on veut, sans la moindre contrepartie. Autant vous dire que si l’on me met une centaine de livres à disposition, en me disant « vas-y, sers-toi », je pioche allègrement dans le tas. C’est l’occasion de lire des ouvrages vers lesquels je ne me serai pas tournée en librairie, et mon portefeuille me dit merci. C’est donc ainsi que je suis tombée sur Les faucheurs sont les anges.

Une jolie couverture, un résumé aguicheur, et le voilà qui rejoint la pile de mes trouvailles du jour. Sauf que voilà : c’est une histoire de zombie, et généralement je m’en méfie. J’avais eu l’occasion de lire La Forêt des Damnés de Carrie Ryan, et j’avais trouvé cela assez mou. Les faucheurs sont les anges a le même tort. Il m’a fallu une bonne cinquantaine de pages avant d’entrer dans l’histoire, j’ai eu du mal à accrocher avec Temple, le personnage principal, dont on ne sait pas grand chose et dont j’ai trouvé que la personnalité manquait un peu de relief.

Le problème avec les histoires de zombie, c’est que c’est souvent une interminable description du quotidien des survivants, qui bougent constamment d’un point à un autre, et c’est assez répétitif. Ici, l’auteur a réussi à intégrer des éléments nouveaux, j’ai bien aimé la manière qu’a Temple d’appréhender les « sacs à viande », non pas comme une malédiction terrifiante mais comme un évènement avec lequel il faut apprendre à vivre, qui ne nous empêche pas plus qu’une invasion de moustiques d’être heureux. Il y a de très jolis passages, cependant la petite étincelle ne prend pas.

La religion est très présente. Je sais que cela fait partie intégrante de la culture américaine, que cela peut se comprendre dans le cadre d’une invasion de zombie qui peut être perçue comme une punition divine, mais moi, la religion, c’est pas forcément ma tasse de thé, et j’ai vite trouvé ça redondant. En outre, j’ai eu l’impression que l’auteur essayait d’intégrer des passages trashs, avec du vocabulaire cru, du sexe, du sang, mais la plupart du temps ça m’a seulement paru être un effort pour redonner du souffle au récit, ou pour choquer, sauf que ça ne m’accrochait pas, et l’excitation de voir un évènement palpitant se produire retombait comme un soufflé.

Vers le milieu du récit, un nouveau personnage vient se greffer à l’intrigue, et c’est sans doute la part de l’histoire qui m’a le plus plu : Temple rencontre un déficient mental, qui ne parle jamais et à qui je me suis pourtant attachée. J’ai été agacée par sa façon de l’appeler « l’idiot » en permanence, même si elle se prend d’affection pour lui, qu’elle va faire beaucoup pour l’aider et que ce langage s’accorde avec son tempérament très brut de décoffrage, à force c’était irritant. Certes, elle ignore son nom, mais de là à l’appeler « l’idiot » toutes les deux lignes…

Enfin, j’ai trouvé le dénouement prévisible. Heureusement, il y a un élément de surprise qui m’a permis de terminer le livre sur une bonne impression, et de me dire « bon, l’auteur a fait un effort ».

Objectivement, le livre n’est pas mauvais, mais il manque d’originalité et de dynamisme. Je me suis souvent sentie plus spectatrice de l’histoire que véritablement impliquée. Ce qui sauve la mise, c’est qu’Alden Bell a une écriture très mature, fluide, qui porte le texte, et ça m’a motivée à poursuivre ma lecture. Il y a de bons éléments, et une fois que l’on est entré dans l’histoire, ça vaut la peine de la terminer. Cependant ce n’est pas un livre qui marque les esprits. Je n’ai rien éprouvé de particulier : ni excitation, ni joie, ni peine, ni déception, malgré ce que traversent les personnages. Or, j’estime qu’un bon ouvrage ne nous laisse pas de marbre.

Et vous, vous avez eu l’occasion de lire ce livre ? Les histoires de zombie vous attirent-elles ?

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