Ma première séance de dédicaces : un week-end inoubliable.

Bonjour à tous,

Ce week-end, le 8 et le 9 avril de 10h à 19h, j’étais en séance de dédicaces au salon des artistes et créateurs de Vergèze. C’était la toute première fois que je présentais le livre au public, et j’étais à la fois surexcitée et très stressée. Voici un petit débrief de ces deux jours inoubliables.

Tout d’abord, je n’étais pas là pour tout préparer le vendredi, car j’avais un partiel jusqu’à 16h ! Moi qui aime bien avoir mon mot à dire sur tout, autant vous dire que j’étais contrariée de ne pas pouvoir fignoler mon stand et vérifier que tout soit en ordre. J’ai bouclé l’examen en deux-deux, puis j’ai sauté dans le premier covoit’ afin d’arriver le plus tôt possible et ne pas manquer la cérémonie d’ouverture. Manque de pot, gros bouchons aux alentours de Narbonne, et je suis arrivée vers la fin, ce qui fait que je n’ai pu voir mon emplacement que depuis une fenêtre, et que je n’ai pas eu la chance de rencontrer les autres exposants avant l’ouverture du salon.

Le premier jour :

Je me lève bien avant le réveil, à la fois impatiente et un peu anxieuse. J’adore rencontrer de nouvelles personnes, mais j’ignore encore s’il va y avoir beaucoup de monde, si les visiteurs vont s’intéresser au livre ou si je vais vivre un grand moment de solitude.

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Concrètement, je m’imagine un peu comme ça pendant 2 jours.

J’arrive au stand un peu avant 10h pour tout mettre en ordre, disposer les livres, les marque-page, un exemplaire de l’article de presse paru dans Le Placoteux, je salue les autres exposants, puis les premiers visiteurs arrivent. J’ai de la chance, le salon a lieu dans ma ville natale, j’ai un nom répandu dans la région, et certaines personnes ralentissent devant le stand, froncent les sourcils en lisant mon nom, puis s’exclament « Mon Dieu ! Mais tu es Pauline, je t’ai connue haute comme ça ! » (soit dit entre nous, « haute comme ça », ce n’est pas bien haut), alors on discute un peu et les premiers exemplaires ne tardent pas à partir.

A 11h30, le correspondant local de Midi-Libre vient me prendre en photo, s’installe avec moi afin de réaliser une interview. C’est drôle, car c’est la même personne qui avait réalisé mon tout premier article de presse, quand j’avais 13 ans, alors ça me fait quelque chose de lui raconter tout le chemin parcouru depuis.

Les visiteurs arrivent par vagues tout au long de la journée, avec de grosses périodes de creux que je ne remarque pas tellement, car je n’arrête pas de croiser des têtes connues ou de rencontrer de nouvelles personnes. Je n’ai plus de salive à 16h à force de parler, et je commence à mélanger les mots (n’oublions pas que je viens de passer une semaine à me mettre une pression d’enfer pour le partiel, que j’ignore à quand remonte ma dernière nuit de sommeil complète, et que je suis montée sur ressort avec l’excitation du salon). Le plus dur, c’est de savoir quoi marquer dans les dédicaces : pour les gens que je connais, je mets de petites anecdotes, des mots personnels, mais pour les autres c’est plus difficile. J’aurais voulu faire un truc cool à la Baptiste Beaulieu, sauf que je dessine comme un enfant de maternelle, alors j’évite pour ne pas faire fuir les gens.

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Moi, prétendant être très à l’aise en signant des livres alors que je me sens toute petite.

Ma hantise : faire une faute d’orthographe. Il y a beaucoup de monde qui parle autour de moi, je parle avec les gens qui se font dédicacer le livre en même temps que je leur écris un petit mot, alors autant vous dire que mon attention n’est pas au top. Je vérifie l’orthographe de presque tous les prénoms, je suis stressée à un tel point que je suis presque capable de sortir « Tom, avec un seul M, hein ? ». Bon, je ne suis pas allée jusque là, mais pour la petite anecdote-honte-de-l’extrême :

Une dame est venue se faire dédicacer un livre, il y avait quelques membres de ma famille pas loin et j’entendais leur discussion, ce qui  monopolisait une de mes oreilles, et en même temps cette dame me disait des trucs adorables, qui m’ont vraiment, vraiment touchée, et j’en ai presque oublié comment tenir un stylo et former des lettres. Si bien que j’ai réussi à oublier le « S » au nom de famille de mon personnage principal, et depuis j’ai envie de me flageller avec des feuilles de laurier parce que j’ai atrocement honte. Parce que, bien sûr, ça m’a fait tilt une fois la dame partie, et que je n’ai pas osé lui courir après pour rajouter la lettre. Alors Jeanette, si vous lisez ces lignes : je suis désolée de ne pas avoir été concentrée à 100%, mais vos mots me sont allés droit au cœur.

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Shame on me, j’ai honte, super honte, et c’est tout ce que je mérite.

Les autres exposants sont avenants, on discute facilement, certains me présentent à leurs connaissances : des proches qui sont intéressés par le livre, des membres d’associations littéraires qui me proposent de venir à leurs prochaines rencontres. Des échanges qui n’auraient pu avoir lieu sans ce salon !

Le soir, peu avant la fermeture, une dame s’approche, me pose quelques questions sur le livre, puis m’explique appartenir au ZONTA, une ONG internationale qui œuvre pour les droits des femmes et l’égalité des sexes. Elle me présente le prix littéraire de cette association, né il y a 5 ans, et qui récompense un premier roman écrit par une femme. Elle veut soumettre le mien au jury, pour lui donner une chance d’intégrer la sélection de cette année. Comment vous dire ?

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Dans ma tête je suis comme ça à cet instant-là.

Je suis complètement sciée, et tandis qu’intérieurement je ressemble à Jonah Hill (le monsieur du gif ci-dessus) en train de péter un câble, j’essaie de la jouer très cool.

Je pars du salon à 19h, 37 exemplaires ont été vendus dans la journée. J’en avais prévu 50, donc je suis vraiment très heureuse du bilan de cette première journée. En prime, le soir je vais voir le nouveau spectacle de Gaspard Proust qui, disons le franchement, est l’homme de ma vie même s’il ne le sait pas encore.

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Mais comme on est pauvres, on avait des places au dernier rang, on ne distingue même pas son visage, et ça pourrait aussi bien être une photo de n’importe qui.

Le deuxième jour :

Encore une fois, je me lève bien avant que le réveil sonne. Je tourne un peu en rond en attendant l’heure de retourner au salon.

La matinée est très calme, j’en profite pour discuter avec les autres exposants. Il y a des créations superbes : des tableaux, des sculptures, des bijoux… Je pense notamment à ma voisine de stand, qui fabrique des carnets, agendas, etc., aux représentants de  l’Union des Auteurs et des Créateurs d’Art, et surtout au talentueux photographe Joss UNAC.

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Aperçu des photos de Joss UNAC.

Je ne prends pas de pause déjeuner. Mon papa m’a acheté un suisse le matin (la viennoiserie, pas un banquier en collant, hein), et comme c’est bien plus cool qu’un reste de riz, j’en fais mon repas. Mais là, nouvelle angoisse après la peur des fautes d’orthographe : est-ce que je ne vais pas finir avec du chocolat entre les dents ou des miettes dans les cheveux ? (Oui, j’ai encore quelques difficultés à manger proprement et à rester glamour en toutes  circonstances).

7 livres partent avant 13h, de sorte qu’il ne me reste plus que 5 exemplaires pour finir la journée. Je n’en reviens pas : et dire que je pensais en avoir sur les bras à la fin du salon ! A vrai dire, je n’avais aucune idée du nombre idéal d’exemplaires à commander auprès de mon éditrice en prévision de ce week-end. Je savais que beaucoup d’ouvrages seraient achetés par des proches, mais j’étais incapable d’estimer combien d’inconnus jetteraient leur dévolu sur La Brèche. Après tout, le roman est tout jeune, je suis une inconnue : bref, je ne suis pas attendue ! Et pourtant, je suis surprise du nombre de personnes qui se sont arrêtées spontanément, ou qui ont voulu une dédicace après avoir discuté quelques minutes. Si bien que j’ai dû demander à pas mal de personnes de mon entourage de le commander sur internet, pour se le faire dédicacer plus tard, afin que les visiteurs du salon puissent repartir avec leur exemplaire.

Ainsi, je vends le tout dernier exemplaire aux alentours de 15h30, alors que le salon se termine à 19h !

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Ma réaction quand j’ai capté que je n’avais plus de livres en stock et que j’allais être lue par tous ces gens.

Je dois à tout prix vous parler des personnes qui sont parties avec ce dernier exemplaire : Jean-Jacques et Anne.

J’avais disposé un exemplaire du journal Le Placoteux sur ma table, afin que les gens puissent en apprendre un peu plus sur moi. Un monsieur s’approche, il flâne sans rien chercher de particulier. Je lui propose un marque-page, ce qui me permet généralement d’engager la discussion avec les personnes qui n’osent pas venir me poser des questions. Les gens sont souvent gênés de lancer la discussion alors qu’ils n’ont pas l’intention d’acheter, mais il ne faut pas ! C’est un vrai plaisir de découvrir de nouvelles personnes et de répondre à leurs questions : sans ces échanges, les salons n’auraient aucun intérêt. Bref, ce monsieur commence à lire le journal, nous discutons, je lui explique que j’ai gagné un prix littéraire au Québec et il me répond qu’il est marié à une québécoise. Sa femme, Anne, est au stand voisin ; il l’interpelle, et nous parlons alors un long moment de Saint-Jean-Port-Joli, du Québec, de plein de choses, et le courant passe tellement bien qu’Anne tient à repartir avec un exemplaire dédicacé. Et là, je me rends compte que les deux cartons derrière moi sont vides et qu’il n’y a plus rien sur la table : je suis en train de signer le dernier livre du week-end !

Tous deux m’ont marquée par leur gentillesse et leur rire communicatif. Une fois le livre signé, je leur ai demandé si je pouvais leur faire la bise, et Anne m’a planté trois baisers sur les joues en me serrant fort dans ses bras, ce qui est l’un des moments les plus beaux de ce week-end. Nous étions de parfaits inconnus, et puis soudain nous avons eu assez à nous dire pour nous donner envie de nous prendre dans les bras. Et moi, je trouve que ça devrait se passer plus souvent comme ça dans la vie de tous les jours (Gaspard Proust, si tu m’entends…). Alors, Anne et Jean-Jacques, si vous lisez ces lignes : merci pour cette rencontre.

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Pour Anne et Jean-Jacques, et c’est valable pour toutes les personnes venues discuter un peu, et parfois même beaucoup.

En bref, ce week-end a été un cocktail d’émotions, de rencontres et de surprises. J’ai eu l’occasion de rencontrer des personnes formidables, qui ont pris le temps de s’intéresser à mon ouvrage et à mes projets, tout comme j’ai pu découvrir le travail d’autres artistes talentueux et des parcours de vie extraodinaires. Je ne saurais vous décrire avec justesse la magie qui est à l’œuvre dans de tels moments, mais chaque rencontre est unique, chaque personne avec qui j’ai discuté m’a apporté un petit quelque chose. Ces personnes n’imaginent pas combien j’étais intimidée de leur signer un livre et de les voir repartir avec un exemplaire sous le bras, parce que c’était la toute première fois que je me trouvais de ce côté de la table. Alors merci à tous ceux qui ont pris le temps de discuter avec moi, à ceux qui ont pensé que mon livre serait le cadeau parfait pour un de leur proche, ou qui ont tout simplement été assez curieux pour l’ajouter à leur bibliothèque. Merci aux copains qui sont venus m’encourager et me tenir compagnie, et à mes parents d’avoir installé le stand pendant que je passais mon partiel.

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Ceci est le point final de mon instant niaiserie.

PS : Si vous n’avez toujours pas le livre, il est dispo sur la Fnac et le site de la maison d’édition. Vous pouvez aussi le commander chez n’importe quel libraire, ou laisser votre avis en ligne sur la Fnac si vous l’avez déjà lu !

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6 Comments

  1. Maurice Gagnon

    avril 10, 2017 at 1:55

    Quel bonheur de lire ce compte-rendu de tes deux jours de séances de signature. Je suis content pour toi et, je dois l’avouer, malgré la distance qui nous sépare, j’ai eu l’impression d’en faire partie (j’ai été touché de voir mon article sur ta table) et même d’être un tout petit peu, grâce à cet article, à l’origine de cette belle rencontre que tu as faite. Je te souffle un gros 💋 au-dessus de l’Atlantique !

    1. Pauline Perrier

      avril 10, 2017 at 6:37

      Merci beaucoup Maurice !

  2. Maryse

    avril 10, 2017 at 8:32

    J’ai été très heureuse de te voir installée dans ton village natal autour de tout ces adorables créateurs .
    Ton oncle a commencé à lire ce merveilleux livre …Il me tarde qu’il le finisse pour lui prendre !
    Contente pour toi d’avoir passé 2 jours de rêve.
    Gros gros bisous de nous deux

    1. Pauline Perrier

      avril 10, 2017 at 8:35

      Merci à tous les deux, j’espère que vous passerez un bon moment avec La Brèche.

  3. Journaldel'aurore

    avril 10, 2017 at 9:54

    Merci pour ce partage ! Je te souhaite de réussir tu as l’air bien parti 😉

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