Comment GreenTomatoMedia, Chiang Mai et Internet ont changé ma vie

Si vous suivez ce blog depuis ses débuts, en juillet 2017, et malgré les nombreuses périodes d’abandon, cet article est une belle occasion de faire un bilan. Si vous avez atterri ici parce que vous postulez pour un stage au sein de GreenTomatoMedia, alors vous y découvrirez mon retour d’expérience. Je vous aide un peu : c’est dans la section « Deuxième bilan ».

Premier bilan : où en suis-je aujourd’hui ?

Nous sommes en mai 2021, à l’aube du 3e déconfinement (les terrasses rouvrent dans 2 jours, ouiiii !), et j’ai récemment fêté mes 26 bougies. Il y a 4 ans, à peu près à la même période de l’année, je me préparais à entamer le plus gros changement de ma vie : partir vivre en Thaïlande. Mais ça, c’est pour les paragraphes un peu plus bas. Aujourd’hui, je dirige la maison d’édition Cherry Publishing depuis 2 ans – que j’ai cofondée, au passage, grâce à Simon,qui était mon maître de stage chez GreenTomatoMedia. En parallèle, je suis écrivain (j’ai publié 3 romans, et 2 arrivent cette année), j’anime des chroniques sur Radio Système, et je continue à faire de la rédaction web quand j’ai quelques heures de libres (ce qui arrive rarement). Ah, et j’ai aussi enseigné un module « écrire et publier pour le web » en Master 2.

Mais comment on en arrive à fonder une maison d’édition à 23 ans ?

C’est une question qu’on me pose très souvent (bon, OK, sur Tinder seulement). Et vu que les lecteurs assidus m’ont connue en études, un point 4 ans plus tard me semble une jolie marque à laisser sur le blog. Pour ceux qui veulent uniquement un retour d’expérience sans se taper mes 18 articles de carnets de bord de stagiaire, je vous livre ça plus bas.

De rédactrice web à chef de projet junior :

En 2016, alors que j’étais étudiante à Toulouse Business School, on m’a proposé des missions de rédaction pour un site de voyage. J’ai donc créé mon statut d’auto-entrepreneur et je me suis lancée dans l’aventure de rédactrice web en parallèle de mes études. J’avais une plume, et pour la première fois, celle-ci me permettait d’acquérir une indépendance financière non négligeable en tant qu’étudiante. Une jolie façon de renvoyer l’ascenseur à mes parents, sans avoir à enchaîner des heures derrière la caisse d’un MacDo ou d’un supermarché. Rapidement, j’ai écrit pour de nombreux clients (Guy Hoquet, Mina Storm, l’aéroport de Toulouse, No Smoking… Pour ne citer qu’eux). En 2017, j’ai répondu à une offre de stage pour devenir chef de projet web junior au sein de GreenTomatoMedia. Et là, ma vie a basculé… En seulement 1 mois au sein de l’entreprise, j’ai appris à développer des sites e-commerce sous CMS (WordPress, principalement : en gros, on crée des sites avec très peu de connaissances en code), à sourcer des fournisseurs et créer des produits de A à Z. Comme tout se passait bien, on m’a proposé de développer une marque de coupes menstruelles, entièrement produite en France, et dont j’ai pu créer le branding et les produits finis dans leur intégralité. Autant vous dire que ce fut l’une des expériences les plus enrichissantes et gratifiantes de ma vie, et j’en suis profondément fière, même si voilà 2 ans que j’ai transmis le bébé à d’autres.

Mon retour en France :

Après 7 mois passés au sein de GreenTomatoMedia, j’ai fait le choix de revenir en France pour poursuivre certains projets et retrouver un équilibre personnel. J’ai terminé mon année de césure et suis entrée en Master 2, où j’ai continué de travailler avec GreenTomatoMedia, toujours en qualité de chef de projet web. Un poste tentaculaire qui me convenait parfaitement, vu que j’ai énormément de mal avec la routine et que j’ai besoin de changer régulièrement de projets. Je gérais 3 marques différentes dont une que j’avais créée intégralement (les cups, donc), j’assurais le service clients (la partie que je déteeeeestais, parce que je manque profondément de patience avec les mesdames Pichon), j’animais un peu les réseaux sociaux et j’écrivais pour les blogs des sites des marques. Mais au bout d’une grosse année… J’avais fait le tour. C’est là que Simon, le directeur de GreenTomatoMedia, connaissant mon amour de l’écriture, m’a proposé de créer une maison d’édition.

Cherry Publishing et moi…

Pendant longtemps, j’ai tenu par tous les moyens à séparer la maison d’édition de qui je suis, en tant qu’auteur. C’est sans doute pourquoi je n’en ai jamais parlé ici, ni sur mes réseaux personnels. Tout simplement car nous nous sommes lancés sur le marché de la romance, un secteur dans lequel je ne me reconnais pas forcément, et j’étais terrifiée à l’idée que cela me coince dans une case malgré moi, impactant mes rêves d’écrivain. Mais le fait est que j’adore mon métier et aujourd’hui j’ai envie d’en parler. Le fait de travailler dans un genre très différent de ceux où j’évolue en temps normal (la science fiction, puis la littérature blanche) me permet de conserver tout mon enthousiasme dans mes lectures personnelles et mes projets d’écriture. Ce que j’adore aussi, c’est que je travaille avec des auteurs hyper drôles et que, chaque jour, je réalise le rêve de nouveaux auteurs. J’ai longuement hésité avant d’entamer cette aventure, parce que j’ai terriblement besoin de trouver du sens dans ce que je fais et j’avais peur que ce ne soit pas le cas dans la romance (les mecs en couverture perdent quand même beaucoup leur T-shirt !), mais je suis tellement heureuse de m’être jetée à l’eau ! En 2 ans, cette petite maison que j’ai créée depuis mon canapé a grossi, grandi, et nous sommes aujourd’hui une quinzaine, publiant dans 5 langues, avec une soixantaine d’auteurs à accompagner. Nous réinventons les codes de la romance, jouons avec les clichés, et je me sens épanouie dans cet univers très féminin. Je n’ai jamais manqué de sens. Nous avons lancé un podcast, je prépare une formation en ligne pour les écrivains, mon expérience m’a permis d’être prof d’un module au sein de l’école dont je venais tout juste d’être diplômée… Bref, c’est une aventure profondément enrichissante qui a complètement bouleversé mes attentes envers le monde du travail. Mais ça aussi, je vous en parle plus bas.

La Fabrik, Nîmes
La Fabrik, à Nîmes, l’espace de coworking où sont implantés les bureaux de Cherry Publishing

Deuxième bilan : pourquoi GreenTomatoMedia a changé ma vie et qu’est-ce que je retire de cette expérience, après 4 ans ?

GreenTomatoMedia, je vous en parle depuis le début, mais qu’est-ce que c’est et qu’est-ce qu’on y fait ? C’est une entreprise lancée par un français, Simon Legouge, à Chiang Mai. Son cœur de métier, c’est le SEO (le référencement naturel : en gros, ce qui fait que quand vous demandez un truc à Google, le moteur de recherche vous trouve les articles avec la réponse la plus adaptée.) Mais comme le web, c’est un peu l’infini des possibles, on y fait aussi des sites e-commerce, des applications mobiles (même qu’ils font des jeux pour finir saoul ou pour booster ses parties de fesse avec Croustille), du streaming de jeux vidéo, des vidéos Youtube, et plein de trucs cools. Et voici tout ce que ça m’a apporté :

Je suis sortie de ma zone de confort, et je fais tout pour ne jamais y retourner !

Quand je suis montée à bord de l’avion qui m’a emmenée à Chiang Mai, 4 ans plus tôt, j’étais une jeune fille très angoissée et naïve. Parfois, je retombe sur l’un de mes articles du journal de bord que je tenais sur le blog à l’époque, et je m’étonne de la différence entre cette Pauline et celle d’aujourd’hui. Parfois, j’ai même envie de lui mettre une petite tape derrière la tête, parce qu’on sent clairement qu’elle n’était pas beaucoup sortie de chez elle. Mais je m’efforce d’être indulgente… Après tout, c’était le cas ! A cette époque, j’avais très peu voyagé, je n’osais même pas m’asseoir seule dans un café, et je vivais ma vie à travers les livres plus qu’autre chose. Aujourd’hui, les voyages sont une partie intégrante de mon quotidien (enfin, quand il n’y a pas une pandémie mondiale) et je chéris le temps et les expériences en solo. Ils sont devenus une constituante fondamentale de mon développement, une façon d’apprendre et de me frotter au monde que je n’échangerais pour rien (bon après, pour quelques millions d’euros, je veux bien voir des gens de temps en temps, hein). Et j’ai conscience que si je n’étais pas partie à 10 000km de chez moi pendant 7 mois, si on ne m’avait pas fait confiance plus que je ne me faisais confiance à moi-même dans mon travail, ce ne serait jamais arrivé.

La confiance, voilà le maître mot…

Chez GreenTomatoMedia, on m’a un peu laissé carte blanche. Bien sûr, il y a des process et des règles comme dans toute entreprise, mais j’ai toujours pu exprimer mes idées. J’ai toujours eu mon petit caractère et mon avis sur les choses, mais le fait qu’on me laisse, en tant que stagiaire, prendre autant de décisions et proposer autant de choses fut incroyablement gratifiant. Cette créativité et cette liberté dans mon travail m’ont permis de gagner en maturité et de prendre confiance en moi. Avant, j’avais tendance à ne jamais dire quand quelque chose me dérangeait, mais le fait d’être estimée et écoutée m’a appris à me positionner autrement dans ma vie personnelle aussi. Et puis je doutais beaucoup de moi (bon, ça n’a pas trop changé…), mais le fait de pouvoir regarder dans le rétroviseur et de voir tout ce que j’ai accompli en 4 ans, notamment grâce à la polyvalence et à l’infini des possibles de mon job, de la boîte où j’ai évolué, ça me permet de rester motivée et de ne pas m’attarder sur les doutes, mais bien sur le prochain projet à accomplir.

Une forme de management qui m’a permis de grandir

La confiance, la liberté, la prise de risques, tout cela me correspond parfaitement. Mes preuves faites, j’ai pu passer en freelance, à temps plein, puis développer mon propre projet (la maison d’édition, suivez, roh…) et donc gagner en flexibilité. Je peux travailler depuis n’importe quelle ville dans le monde, ce qui contribue beaucoup à mon équilibre personnel. Et j’ai tellement de gratitude envers les personnes qui m’ont donné ma chance que je ne connais jamais le blues du dimanche soir. Comme tout le monde, bien sûr, il y a des jours où j’ai un peu la flemme, ou des tâches que j’aime moins que d’autres, mais croyez-moi : des stages, j’en ai fait. Des petits boulots aussi (vendeuse dans 2 enseignes, caissière, hôtesse de caisse…), et j’ai totalement conscience de la chance que j’ai, aujourd’hui, de me lever de bonne humeur tous les matins parce que je suis passionnée par ce que je fais. Concernant le management, il est super horizontal chez GreenTomatoMedia. L’équipe a grossi, donc il y a des chefs de pôles, mais la relation est vraiment d’égal à égal et axée sur la transmission de connaissances. Je n’ai aucun scrupule à admettre que 2 mois de stage m’ont plus appris que mes 3 ans en école de commerce (mais je veux toujours être prof chez vous de temps en temps, hein !). Simplement parce que cela fait partie de la culture d’entreprise : tous les employés sont passionnés, ils se forment en permanence, et les missions se créent plus d’après les profils qui arrivent, dans le but d’exploiter tout leur talent, que l’inverse. Ainsi, tout le monde adore apprendre des autres et on peut vite avoir des petites bases sur un peu tous les pôles de la boîte, si on s’y intéresse.

Et la Thaïlande, dans tout ça ?

GreenTomatoMedia m’a fait grandir grâce aux missions que j’ai pu y réaliser, mais pas seulement. Son emplacement au sein de cette ville magique qu’est Chiang Mai, a beaucoup joué dans mon épanouissement et dans ma prise de maturité. Je le répète, je n’avais que peu voyagé, et pas bien loin, avant de partir. Donc le fait de me retrouver super loin, avec un décalage horaire important et une culture très différente m’a obligée à sortir de ma petite bulle de confort et d’introversion. Là, il ne s’agissait pas juste de vivre seule et d’avoir les bases de l’autonomie comme tous les étudiants, mais de se gérer quand on est malade et qu’il faut tout expliquer en anglais, de s’occuper de ses papiers pour les assurances avant de partir (et sur place si besoin), de ses visas (bon, pour le coup, on est quand même super bien accompagné par l’entreprise), de trouver les ressources en soi quand on a un petit coup de blues et surtout… D’apprendre à prendre le temps. En Thaïlande, j’ai l’impression qu’on se prend beaucoup moins la tête, tout est tranquille, et il y a une solution pour tout. Quitte à se montrer parfois créatif. Je sais qu’aujourd’hui, cette façon de vivre me suit encore et a beaucoup modulé ma façon d’être.

Merci pour la minute philosophie mais, concrètement, ça ressemble à quoi la vie sur place ?

Je vais être honnête, c’est assez difficile de devenir sincèrement ami avec des thaïs, car il y a une importante barrière de la langue et plusieurs barrières culturelles. En revanche, Chiang Mai est une ville incroyablement cosmopolite, avec plein d’activités (salles de sports, Mundo Linguo pour rencontrer d’autres expats, bars à gogo…) où il est facile de rencontrer de nouvelles personnes en permanence. Il suffit d’initier la démarche ! L’équipe est plutôt jeune et à chaque fois que j’ai eu l’occasion de voir les rangs de stagiaires se renouveler, j’ai toujours vu la même dynamique se mettre en place. Des week-ends entre stagiaires ont lieu tout le temps (c’est comme ça que j’ai visité la Thaïlande en long, en large et en travers pendant 7 mois), et parfois même des week-ends avec toute l’entreprise – à Pai, généralement. Le soir, selon les affinités, on va manger au Student Market ou dans les restaurants de Nimman Road (attention aux kilos… Tout est TROP bon !) Et les soirs de flemme, c’est livraison ou ka ban (à emporter – je suis pas sûre de l’écriture « phonétique ») à Sang Serene, le magnifique appart-hôtel où sont logés les stagiaires. Il y a généralement une super cohésion, tout le monde a un peu la même mentalité et un léger côté geek donc c’est facile de trouver des terrains d’entente. Pour le coup, je me suis fait des amies pour la vie et on se revoit régulièrement en France (j’ai même été coloc avec une de mes collègues, récemment, le temps qu’elle se réinstalle dans l’Hexagone !)

Mais si c’est si cool, pourquoi t’es rentrée ?

Honnêtement, les raisons de mon retour sont totalement personnelles et cela a été un grand dilemme. Chiang Mai est devenue, en peu de temps, ma deuxième maison, et je compte bien y retourner dès que je peux. Un mois par-ci, un mois par-là, me convient mieux qu’un temps plein avec des passages sporadiques en France. Simplement car le rythme de vie est très différent, qu’on est un peu dans une bulle déconnectée de la réalité, et je sentais qu’en restant, je ne me consacrerais plus autant à mes projets perso. Or, je ne sais pas fonctionner si je ne suis pas constamment éparpillée à développer 3000 idées, quitte à ce qu’elles se cassent la gueule. En Thaïlande, c’était génial car je vivais tout le temps dehors, notamment du fait qu’on ne cuisine quasiment jamais et qu’on mange donc énormément au restau ou dans les « cantines », et je voyageais beaucoup. Mais à côté de ça, c’était très difficile d’écrire ou de mettre en place d’autres idées, car j’étais tout le temps distraite par cette ambiance de vacances éternelles (non mais de quoi elle se plaint, celle-là ?!) Le fait de rentrer m’a permis de faire du bénévolat en EHPAD pendant un an, tous les mercredis soirs, d’intégrer une radio en tant que bénévole cette année, de donner des cours, d’écrire 3 romans… Je n’aurais pas eu les mêmes opportunités en Thaïlande, ou elles auraient été plus axées sur un mode « vacances » qui n’était pas mon besoin à ce moment-là. Donc partir plusieurs mois, c’est une expérience mémorable, et j’essaie de la renouveler tant que je le peux, mais sur du très long-terme, j’avais plus de mal à me projeter. Encore une fois, c’est très personnel, parce que lors de mon deuxième séjour, j’écrivais 2 heures par jour, tous les matins, donc c’est vraiment une question de conditionnement et d’état d’esprit.

Petite parenthèse de mon ressenti de femme, pour rassurer les filles qui hésitent à partir loin

La Thaïlande est sans doute le pays le plus safe où j’ai eu l’occasion de voyager. Je suis rentrée à toutes les heures et je n’ai jamais, ô grand jamais, connu ce sentiment de trouille qu’on peut avoir régulièrement en France. Si vous avez la moindre retenue à partir à cause d’un sentiment d’insécurité, je vous garantis que vous pouvez le rayer de votre liste directement. Surtout à Chiang Mai, qui est une ville très tranquille (à Bangkok, il y a beaucoup plus de touristes, et l’ambiance est différente, mais même là, je ne me suis jamais sentie en danger une seconde) En revanche, pour me montrer totalement transparente, j’ai eu l’impression qu’en temps que femme, je m’épanouirais moins que les hommes sur le long-terme en Thaïlande (là encore, c’est très personnel). Je pense que c’est parce que j’aime bien avoir mes repères et savoir que ça ne va pas changer sur un coup de tête. Or, les amis qu’on peut se faire peuvent décider de mettre le cap sur Bali dans 3 jours parce que la météo y est meilleure. Ça fait partie de l’esprit Digital Nomad. Le fait que sur place, l’univers soit très masculin ne m’a jamais dérangée et je ne me suis jamais sentie à l’écart, car tout le monde est adorable et qu’on partage les mêmes passions, donc on trouve forcément toujours des choses intéressantes à se dire. Et vu qu’on est peu de filles dans la boîte, j’ai même l’impression qu’il y a un peu un côté « grands frères » où le reste de l’équipe veille toujours à ce qu’on rentre saines et sauves après les soirées. En fait, il y a beaucoup de filles qui travaillent à GreenTomatoMedia, mais ce sont surtout des freelances et sur place, elles manquent un peu. Donc si tu as peur de manquer de discussions de filles, saches qu’on est une quinzaine dans l’équipe de Cherry et qu’on sera toutes ravies de faire un visio avec toi ou de correspondre quand tu en as envie ! Et plus vous serez nombreuses à postuler, plus la mixité s’équilibrera (bah oui parce que si on manque de filles, c’est parce qu’elles sont moins nombreuses dans ce domaine :'( )

En quoi ma vision du travail a été profondément changée par GreenTomatoMedia ?

Depuis toute petite, j’étais convaincue que je ferais des études – les plus poussées qui soient – pour intégrer ensuite une grande entreprise, où il me faudrait des années avant d’obtenir un poste à responsabilités. C’était le modèle que je voyais partout autour de moi, et celui qu’on me présentait en cours. En partant à Chiang Mai, j’ai découvert l’univers des Digital Nomads, et même si j’ai besoin d’avoir mon cocon, mon appartement et ma ville-repère, le fait qu’Internet soit aussi présent dans ma vie m’a permis d’atteindre un juste milieu parfait pour moi. Je suis indépendante, tout en appartenant à une entité dont les valeurs me motivent et me correspondent. La confiance qu’on m’a donnée, les projets excitants que j’ai pu développer, sont à des années lumières des tableurs Excel que j’imaginais avoir à remplir jusqu’à ma retraite. Ado, je pensais que l’écriture serait mon salut, et que je ne serais heureuse que le jour où mes romans me permettraient de vivre convenablement. Je suis heureuse d’écrire combien j’avais tort. Oui, j’espère qu’un jour je décrocherai un peu de mon addiction au travail pour écrire plus, parce que mes livres seront des best-sellers (eh oh, ça fait pas de mal de rêver hein !), mais à l’heure où j’écris ces lignes, je ne m’imagine pas faire autre chose que ce que je fais aujourd’hui. Je suis passionnée par mes missions, et continuellement excitée par toutes les perspectives qui s’ouvrent à moi. J’ai acquis une vision du travail qui fait totalement sens pour moi, dans laquelle je me retrouve et que j’ai envie de prôner. Je me sens d’ailleurs très chanceuse d’avoir pu la transmettre à des étudiants de Master, et j’espère en avoir à nouveau l’occasion dans le futur. Alors l’écriture fera toujours partie intégrante de moi, mais je peux me targuer de ne pas avoir à attendre après quelque chose pour être heureuse, car j’ai déjà trouvé mon équilibre. En fait, je peux me targuer de ne pas avoir un travail, mais plusieurs casquettes que j’endosse au fil des jours et des semaines, selon les projets qui m’accaparent. Plus jeune, je n’aurais jamais osé rêver d’une telle situation, je n’aurais jamais cru que je vivrais d’un rôle taillé sur-mesure pour moi. Mais c’est le cas, et je suis profondément reconnaissante envers l’entreprise qui m’a permis de faire mes armes. Et je suis aussi très fière. Je l’écris ici, car on oublie souvent de se le dire à soi-même.

En conclusion :

Je ne pensais pas faire un article si long, mais je reçois régulièrement des messages de futurs stagiaires  ou candidats me demandant mon retour d’expérience. Un seul article, enrichi par le recul que m’offrent ces 4 ans d’expérience, me paraissait plus utile que tous ces vieux articles marqués par la spontanéité de la découverte. Et pour mes lecteurs habituels, je suis contente d’avoir pris le temps de faire ce petit bilan, 4 ans après.

Pour ceux qui rêvent de rejoindre GreenTomatoMedia, si vos idées germent à toute vitesse et que vous cherchez un terreau fertile pour vous épanouir, je ne peux que vous recommander de rejoindre notre serre de talents (too much ? Ok, j’arrête de filer la métaphore). Bien sûr, ce n’est que mon retour d’expérience, c’est personnel, mais votre expérience ne dépend que de vous, de votre motivation et de votre implication. Apprendre auprès de personnes aussi expertes et passionnées, et aussi bienveillantes dans leur transmission est une chance que beaucoup de stagiaires peuvent envier. Et promis, j’ai écrit cet article de mon propre chef, on ne m’a proposé aucune tomate en échange.

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1 Comment

  1. Valérian

    mai 20, 2021 at 9:18

    Merci beaucoup Pauline pour ton partage et félicitations pour tous ces projets et ces réussites !
    C’est un réel plaisir d’avoir des gens qui sont capables durant quelques lignes d’ouvrir un peu la porte de chez eux et de partager avec honnêteté et authenticité leur chemin de vie…
    Cela a toujours été très enrichissant de te lire, que ce soit les romans ou les articles de ce blog, surtout quand on a du mal à lire des choses sur internet qui semblent souvent formatées ou être des copier/coller d’un endroit à l’autre.
    Au plaisir de découvrir encore tes nouvelles aventures lors d’un éventuel prochain post bilan 🙂

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