Les coulisses de la publication d’un roman : qu’est-ce qui se passe avant d’arriver en librairies ?

Nous sommes le 3 février et ça y est, j’ai rencontré mon 5e roman ! Je peux enfin vous révéler le titre et la couverture : La solitude des grandes villes entrera dans vos librairies et supermarchés ce jeudi 10 février 2022.

La solitude des grandes villes Pauline Perrier

 

Oui, oui, La solitude des grandes villes… Vous comprenez mieux le titre de mon podcast ? 😉

J’étais super impatiente d’écrire cet article, car l’expérience éditoriale que j’ai vécue avec ce roman n’a rien à voir avec tout ce que j’ai connu jusqu’alors. C’était excitant, très encadré, un parcours empli de bienveillance et de douceur, et j’ai vraiment eu le sentiment d’entrer dans un monde très, très différent de ce que je connaissais jusqu’à présent. De mettre un orteil dans la cour des grands. Parce que pour la première fois, j’ai pu rencontrer mon roman avant sa parution, signer mes exemplaires presse, visiter les locaux de mon éditeur, et je suis ravie de partager tout ça avec vous.

Le processus éditorial avant de publier un roman :

Je serai brève sur ce point, car cela mériterait tout un article pour traiter des diverses manières de travailler. Pour La solitude des grandes villes, j’ai eu la chance d’être repérée par une éditrice formidable qui travaille chez Hugo Roman. Même si j’avais soigné mon envoi et préparé un synopsis assez béton, il y a toujours une part de chance dans le fait d’attirer l’attention de la bonne personne. Et pour le coup, j’ai vraaaaaiment atterri à la bonne porte. J’ai pu travailler avec quelqu’un de bienveillant, avec un œil de lynx pour repérer les dernières incohérences quand je ne voyais plus rien sur mon texte, qui a su répondre à toutes mes questions et me guider dans cette cour bien plus grande que tout ce que j’avais connu depuis mon entrée dans l’édition, 6 ans plus tôt. J’ai vraiment trouvé ce que j’attendais d’un éditeur : un regard neuf, un accompagnement, et des conseils pour m’améliorer. Il y a eu pas mal d’allers-retours du manuscrit entre elle et moi pour affiner l’intrigue, étoffer certains points de l’histoire. Elle m’a permis de prendre quelques risques, et aujourd’hui je n’ai jamais été plus fière d’un roman. Pour la couverture aussi, elle a parfaitement cerné mes attentes et m’a laissé une part de décision dans le processus : je suis simplement amoureuse du résultat. Je ne dis pas ça à la légère. J’ai souvent du mal à sentir mon petit cœur battre, mais il y a trois domaines dans lesquels il ne se trompe pas quand il s’emballe : la nourriture, les animaux et les livres !

Et ensuite ?

Une fois qu’on n’en peut plus de lire le roman (OK, c’est pas vraaaaiment ça le point, mais vous avez compris), on se met d’accord sur une version finale. C’est là que l’auteur (c’est moi) donne son accord pour un BAT : bon à tirer. On valide les maquettes de la couverture, et hop, les fichiers numériques partent à l’impression pour se transformer en magnifique roman qui vous attendra en librairies.

Quelques jours avant la sortie, les services presse

Quand on est connu et qu’on a déjà vendu plein de livres, on n’a pas trop besoin de faire des pieds et des mains pour qu’on fasse confiance à ce que vous avez écrit. Les libraires vous mettent facilement en avant sur leurs étals. Mais quand bien même, il faut envoyer des services presse aux blogueurs littéraires, journalistes, chroniqueurs radio, et partager des communiqués de presse pour que les gens sachent que vous avez produit une nouvelle œuvre. Alors quand vous êtes une petite nîmoise seulement connue au sein du club de tricot de votre grand-mère qui, très fière, vend votre roman à toutes ses copines, il faut envoyer la sauce encore plus fort. Il faut vous présenter au public, bien sélectionner les blogueurs qui parleront du roman, et ce n’est pas une mince affaire. Pour cela, j’ai été accompagnée par une attachée presse qui s’est occupée de rédiger le communiqué joint à chaque envoi et de sélectionner les personnes qui recevront mon roman. J’ai même été surprise de recevoir 2 messages de blogueuses me signalant que lorsqu’elles avaient reçu la proposition de lecture, elles avaient sauté sur l’occasion en reconnaissant mon nom. C’est chouette parce que ça veut dire que ma plume commence à s’affirmer et que je développe une « patte » qui donne envie aux lectrices d’y revenir, même si je m’essaie à des genres un peu différents. C’est encore un peu nouveau pour moi, alors ça me fait bizarre qu’on me dise qu’on a envie de me relire parce qu’on connaît déjà mes écrits précédents. Ensuite, une fois le livre revenu de l’imprimeur, je me suis rendue à Paris, dans les locaux de Hugo&Cie, pour signer une trentaine d’exemplaires. Et c’est ce moment un peu fou que j’avais envie de partager avec vous aujourd’hui !

Paris, me voici !

Quand le métro m’a recrachée dans les rues du 16e arrondissement, je suis tombée nez à nez avec l’Arc de Triomphe. Et là, j’ai beau être habituée à faire des allers-retours à Paris, je dois admettre que la petite provinciale en moi a été un brin impressionnée. J’ai un éditeur à une rue des champs Élysées ! C’est quand même un peu la classe… J’ai donc cheminé avec ma petite valise vers les bureaux de Hugo&Cie, tout excitée à l’idée de rencontrer l’équipe et mon roman. Une fois dans le hall, en attendant l’arrivée de mon attachée presse, je me suis retrouvée à défaire mon bagage pour en sortir les chocolats que j’avais promis à mon éditrice. Je me suis installée comme si j’étais chez ma mamie, mais une part de moi s’est dit « rohlala ça fait quand même un peu VRP de déballer ses affaires au beau milieu du hall ». Et là, en tournant la tête, un drôle de sentiment de familiarité m’a gagnée. Dans une petite vitrine face à la porte d’entrée, j’ai reconnu le dos d’un roman (ce que vous appelez généralement la tranche, mais c’est une erreur, voilà)

Les clés du livre - Dessin © Aurélia Carton et Julien Sénégas
Les clés du livre – Dessin © Aurélia Carton et Julien Sénégas

J’ai donc délaissé ma valise pour m’approcher et là, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir mon roman en vitrine ! Des étoiles se sont accrochées dans mes yeux. C’était la première fois que je le voyais, et je peux vous assurer qu’il est beau. Vraiment beau.

Règle n°1 : bien s’échauffer les poignets !

Quand mon attachée presse m’a rejoint, nous avons gagné une salle de stocks : une pièce lumineuse avec une verrière, remplie de livres et de cartons. Sur une grande table, 4 piles de livres hautes comme mes genoux m’attendaient. Alors OK, je ne suis pas très grande, mais ça fait quand même beaucoup de livres à signer !

Pour la première fois, j’ai pu toucher mon roman, le feuilleter, apprécier l’embossage de la couverture. J’avais peur d’être un brin blasée au bout du cinquième roman, mais pas du tout. En fait, je n’avais jamais été aussi émue. Sauf peut-être pour le tout premier, parce que… Eh bien, j’avais 20 ans et je publiais mon tout premier ouvrage. Même à 40, ou 70 ans, j’imagine que l’émotion aurait été la même. Mais cette fois, il y avait le petit quelque chose en plus. Sans doute le cadre, le fait de partager cette victoire avec une équipe, l’entrée en librairie qui approchait… Bref, un gros mélange de sensations positives qui concourait à rendre l’évènement encore plus exceptionnel. À moins que ce ne soit bêtement parce qu’on oublie, avec le temps, combien on a pu être excité et enthousiaste à un moment donné de notre vie. Bien sûr, deux semaines auparavant, lorsque je recevais mes exemplaires de Le vent te portera, j’étais tout enjouée ! Mais là, je ne saurais expliqué la torsion dans mon ventre. C’était juste l’un de ces instants de vie qui me convainc que la magie existe. L’un de ces épisodes, fugace, où tout semble s’emboîter. Comme si vous aviez toujours su que cela arriverait, et que soudain les évènements s’imbriquaient pour vous donner raison. Quoi qu’il en soit, il a fallu convertir toute cette excitation en motivation, car j’avais du pain sur la planche ! Pendant près de deux heures, j’ai dédicacé soigneusement chaque exemplaire. Je me suis battue avec des enveloppes bullées pour préparer les envois. J’ai collé des étiquettes. Et j’ai recommencé environ 36 fois (comment ça, c’est trop précis pour être un « environ » ?), jusqu’à ce que la liste soit complète et mes poignets en feu. Enfin, juste le droit, parce que le gauche n’a pas fait grand-chose, à part quelques selfies en douce (je ne voulais quand même pas avoir l’air ridicule devant l’équipe, et croyez-moi, on n’a jamais plus l’air ridicule qu’en brandissant sa caméra frontale devant soi).

Règle n°2 : Ne pas trop regarder ses exemplaires

Le soir, dans ma chambre d’hôtel, après une soirée au Train Bleu pour fêter l’incroyable succession de bonheurs de ces dernières semaines (oui, car je crois qu’il n’y a globalement que des moments de bonheur et non un grand bonheur permanent dont on ne redescendrait jamais), j’ai attrapé l’une des copies que j’avais oubliée sur le lit. Les reliefs de la couverture brillaient sous les lumières du plafonnier, et une bouffée de fierté m’a envahie. Ce n’est pas quelque chose que je me dis souvent, que je suis fière de moi. Car je ne sais vivre que dans l’urgence, que dans le « et après » ? Je suis une éternelle insatisfaite, aucun accomplissement ne trouve grâce à mes yeux. Je crois que j’ai profondément peur de l’immobilité. Peur de chuter si je n’avance plus. Mais bon, ce sont des confidences que je devrais plutôt livrer à ma psy qu’à ce billet. Peu importe. Là, allongée dans un lit à peu près confortable d’une chambre parisienne, mon ouvrage entre les mains, une petite voix n’a pu s’empêcher de me souffler à l’oreille « Tu l’as fait. Tu sauras recommencer. Et tu viens de vivre tout ce dont tu as toujours rêvé. Je suis si fière ». Et je vous jure que cet exemplaire, à cet instant, je l’ai tellement aimé que j’étais à deux doigts de me pointer à la mairie pour l’appeler Titouan et lui réserver une place en crèche, parce que je pense que les sentiments qui m’habitaient étaient exactement ceux qu’on éprouve quand on nous pose un nourrisson sur la poitrine (comment ça, j’exagère ??)

Mais bon, est-ce qu’on peut me blâmer d’avoir eu un enthousiasme si poussé ? Après tout, la couverture brille à la lumière, et je suis une pie. Je ne pouvais que l’aimer !

 

Le résumé du roman :

 

Ève a 27 ans, un métier provisoire depuis trois ans et autant de névroses que les doigts de la main. Timide maladive, elle vend des matelas dans une boutique en faillite et se cache derrière les fiches produits quand les clients apparaissent. Le jour où sa collègue, June, la pousse à s’inscrire dans un groupe de parole pour timides afin d’augmenter le chiffre d’affaire, sa vie bascule. Ève se met à mentir sur son identité pour redorer son égo. Elle se rêve dessinatrice célèbre et, grisée par la confiance en elle que ses mensonges lui procurent, elle réitère l’expérience dans d’autres groupes, se créant de nouveaux alias. Mais quand Thomas, un libraire passionné de B.D., débarque à la réunion des timides en détresse, l’équilibre fragile de ses multiples vies menace de s’écrouler. Comment construire une histoire d’amour alors qu’il la prend pour une autre ? Prendra-t-elle le risque de perdre les amitiés créées au fil de ses mensonges en lui avouant la vérité ?

 

 

 

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2 Comments

  1. discoverin5

    février 13, 2022 at 1:33

    Félicitations d’avoir trouvé une maison d’édition qui te correspond, et pour l’aventure que cela a pu engendrer ! J’ai hâte de le tenir entre mes mains et de le lire (même si monsieur râle car du coup je ne lis pas le tome 2 de la trilogie qu’il veut absolument que je lise haha).
    Il faudra que j’écoute tes podcasts un de ces quatre ! 🙂

    1. paulineperrier

      mars 1, 2022 at 8:13

      Merci beaucoup 🙂 J’espère que les podcasts te plairont !

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