Travailler en Freelance : Les Clichés sur ce que Je Fais de mes Journées

Travailler dans une structure fixe ? Répéter la même routine chaque jour ? Rester immobile sur une chaise pendant huit heures – au minimum ? Prendre une remarque pour 2 minutes de retard ? Nope. C’est gentil, vraiment, mais ce n’est pas pour moi. Je m’ennuie vite. Super vite. J’ai besoin de switcher d’une tâche à une autre. De changer d’air. Les open spaces bruyants qui sont devenus la norme ne me conviennent absolument pas. J’ai commencé à travailler en freelance à 21 ans, à côté des cours et je ne pouvais pas imaginer intégrer une structure « traditionnelle » après mes études. Alors j’ai continué à mon compte. Je suis devenue Rédactrice Web, Chef de Projet Web et Correctrice de Manuscrits. Mais quand on bosse chez soi, on entend beaucoup de clichés. Même de la part de ses proches !

Travailler en freelance, c’est travailler dans quel cadre ?

Vous m’imaginez bosser en pyjama toute la journée en chantant du Céline Dion à fond et en mangeant tout un tas de cochonneries ? Eh bien vous avez tort. Enfin… Presque. La première règle que je me suis imposée, c’est de sauter sous la douche dès que j’ouvre les yeux. Déjà parce que ça réveille, ensuite parce que ça coupe complètement mon rythme de travail si je dois m’efforcer de prendre forme humaine à 13H. Parfois même, pleine d’audace, je vais à la salle de sport dès le lever. Ainsi le reste de la journée est complètement dégagé pour mes missions et mes projets perso (romans, site de conseils d’écriture, blogging…) Et puis quand Monsieur vous appelle à 18h10 pour vous prévenir qu’il sera devant votre porte à 18h15, c’est vraiment trop sportif de se rendre présentable en seulement 5 min. Alors on s’y met dès le matin, comme ça on peut sortir sur un coup de tête sans perdre 30min.

Ce qui compte, c’est de trouver l’environnement où l’on est productif :

Pour ma part, je travaille mieux seule, avec un fond musical plutôt neutre. D’autres préfèrent la convivialité des espaces de coworking, mais c’est un budget que je préfère consacrer aux voyages. L’hiver, je me cale sous mon plaid. L’été, je profite de ma terrasse. Et quand je switch sur mon roman ou autres projets persos, j’aime bien me poser dans un café. Sans distractions extérieures (pas de collègue pour me parler, de discussions alentours pour parasiter ma réflexion, ni de réunions de dernière minute) je suis beaucoup plus productive. A savoir qu’en cinq heures, j’abats autant voire plus de travail que je ne le faisais quand je restais au bureau pendant huit heures. Et l’efficacité, ça, mes clients apprécient. Voilà, voilà…

Les clichés qui me collent aux baskets :

Travailler en freelance, c’est chouette. Mais quand on travaille chez soi, forcément, tout le monde pense qu’on est disponible H24. Qu’on peut répondre au téléphone n’importe quand. Sortir à toutes les heures. Qu’on gagne beaucoup d’argent. Ou, au contraire, qu’on est très pauvre. En fait, si je ne devais choisir qu’un mot pour qualifier ce statut, ce serait : FLEXIBILITE. Oui, je peux prendre mes RDV médicaux sans demander la permission à quiconque. Oui, je décide quand je pars en vacances. Et oui, je peux sortir en ville en plein après-midi sans rendre de compte à un chef. Mais les missions doivent bien être accomplies à un moment. Alors ce que je ne fais pas à 15h, je le ferai ce week-end, ou ce soir à 23h. C’est la face cachée de ce statut que beaucoup oublient.

travailler en freelance

Ce que je n’ai plus le droit de dire depuis que je suis freelance :

 

– Je n’ai pas eu le temps de faire mon ménage

« Quoi ? Mais tu travailles chez toi, ne me dis pas que t’avais pas 5 min pour passer le balai ! » Hum… Vous quittez souvent votre boulot en pleine journée pour passer l’aspirateur, vous ? Non, vous le faites pendant vos pauses. Sauf que des pauses, j’en fais peu pour diminuer au maximum mon volume horaire et avoir du temps à consacrer à l’écriture, à mes sites, à vos mails… Et quand je referme mon ordinateur à 21h, j’ai plus envie de profiter de ma vie sociale que de mon kit de ménagère.

– Waouh, cette semaine m’a achevée !

C’est vrai, je n’ai pas de boss pour me crier dessus, j’organise mon emploi du temps, et en plus j’ai un travail qui me passionne. Je choisis mes clients et j’ai de la chance car tout se passe très bien. Mais pendant mes missions, je suis en contact avec d’autres personnes qui peuvent être très, très  désagréables. Et puis j’entasse les casquettes. Quand dans la même journée je joue à la rédactrice, chef de projet web, écrivain, community manager, chargée de relations clients, et même à la graphiste, le soir mon cerveau c’est un peu ça :

– Je ne suis pas disponible.

« Mais ça va, t’es chez toi ! » Alors oui, je travaille à domicile. Mais si j’étais dans un bureau, vous m’appelleriez quand même à n’importe quelle heure ? Vous passeriez à l’improviste ? Non. Alors certes, je suis plus disponible. Mais je ne le suis pas pleinement pour autant. Si on s’organise, je pourrais libérer du temps dans ma journée pour vous le consacrer. Mais à la dernière minute, je ne vais pas tout planter. Tout simplement parce que je n’ai pas envie d’y revenir pendant la soirée et de me coucher à 1h du matin (ça, ça n’arrive que si je décide de bosser mes projets perso. C’est tout. Et c’est moi qui décide.)

– Non, je ne suis pas toujours en vacances.

« De toute façon, toi, t’es toujours en vacances ! » Alors, comment dire… Non. Mon job me passionne. J’aime mes clients. J’adore tout ce que je découvre et ce que j’apprends en mettant un pied dans des tas de domaines. Et quand je suis sur mes projets, je m’éclate encore plus. Le hic, quand on est passionné, c’est qu’on ne compte pas trop les heures. Un mail pendant le week-end ? C’est rare que je le laisse passer. Mes écrits et mes sites gangrènent pas mal ce temps de repos, également. Je suis sortie me balader dans la journée ? J’ai pris 1h pour lire un livre ? Ce sera compensé le soir. Je change souvent de ville ou de pays ? Oui, mais toujours avec mon PC et les visites remplacent mes missions perso, pas celles qui me permettent de payer le loyer et les billets d’avion.

Mais du coup, avec les différents clients + les 36 projets perso, ça vaut vraiment le coup d’être freelance ?

Si vous êtes un électron libre qui peine à tenir en place et qui a une nouvelle idée tous les quatre matins : OUI ! Pour ma part, j’angoisse quand j’ai trop de temps libre. J’ai besoin d’avoir 246 projets entre lesquels naviguer. Tant pis si j’en noie en cours de route ! En fait, être freelance m’a simplement permis de bannir un mot HORRIBLE de ma vie : le présentéisme.

Le présentéisme, le fléau du 21e siècle :

Derrière ce mot étrange se cache un sentiment que vous connaissez bien. Mais si, vous savez, c’est ce moment super chiant où vous avez traité tous vos dossiers, où l’entreprise est en période creuse et où vous brassez de l’air pour donner l’impression que vous méritez votre salaire ? Ne faites pas genre. Vous savez très bien de quoi je parle. Le travail fluctue. Certains dossiers demandent plus de temps que d’autres. Certaines semaines vous laissent sur les rotules, d’autres dans un ennui terrible. En bossant à mon compte, je m’organise comme je veux. Si j’ai fini mon travail, j’enchaîne sur mes projets. Je sors faire mes courses. Boire un verre avec des amis. Si, au contraire, une semaine est chargée, alors je compense. Je me couche plus tard. On s’en fout, je n’ai pas de réveil à mettre le lendemain. Je pourrais quand même dormir 8 ou 9 heures.

A noter : Travailler en freelance, c’est différent du télétravail !

Il ne faut pas confondre freelance et télétravail. En freelance, vous avez un statut de micro-entrepreneur, c’est-à-dire que vous êtes un travailleur indépendant qui n’a pas le droit au chômage et qui cotise lui-même auprès de l’État. Peu importe votre domaine d’expertise, vous payez mensuellement ou trimestriellement des charges auprès de l’URSSAF ainsi qu’une cotisation foncière des entreprises pour le local où vous exercez (oui, même si c’est sur votre canapé), ainsi que des impôts. La liberté peut donc rapidement rimer avec précarité : mieux vaut être prévoyant et bien mener sa barque. Vous n’aurez pas d’autre filet de sécurité que celui que vous vous créez.

Et vous, ça vous inspire quoi « travailler en freelance » ? Vous avez aussi entendu des préjugés ?

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4 Comments

  1. Petite pastèque

    avril 17, 2019 at 9:17

    Avoue que tu écoutes Céline de temps à autre quand même …!

    1. paulineperrier

      avril 17, 2019 at 9:39

      Ça n’a pas la même saveur sans ma Cécile <3

  2. joyfuldreams

    avril 18, 2019 at 8:55

    Tout les préjugés que tu as cité dans ton article je l’ai déjà entendu au moins une fois… Parfois c’est assez énervant de devoir répondre à ça. Je travaille pour moi-même et j’ai toujours travaillé pour moi-même en faite haha. J’aime bien ce sentiment de liberté, de pouvoir m’organiser comme je veut, de travailler où je veux, etc. Au départ mes proches ne comprenait pas et pensait que j’avais des journées libres et que je faisais rien de la journée, mais au fil du temps ils ont compris et me pose plus de questions idotrs.
    Ça me rend vraiment heureuse de travailler pour moi-même même si ce n’est pas toujours facile, qu’il faut supporter les clients, ne pas avoir un salaire fixe et tout un tas de petits inconvénients. Mais au final y’a tellement plus d’avantages comparé aux sociétés que je préfère travailler pour moi-même 🙂

    1. paulineperrier

      avril 18, 2019 at 8:58

      Oh ! Comme je te comprends ! En fait, c’est exactement ça, les générations précédentes ne comprennent pas car ça ne se passait pas comme ça, avant. Mes proches pensaient aussi que je ne faisais rien. Si j’étais chez mes parents, on trouvait normal que je fasse des corvées alors que si j’avais été dans un bureau à ces horaires, ça ne serait venu à l’esprit de personne. Mais une fois que notre activité est bien intégrée par notre entourage, tout va mieux ! C’est clair que ce n’est pas toujours facile de bosser à son compte, mais je ne sais pas si je pourrais sacrifier cette liberté un jour… Je te souhaite beaucoup de réussite !

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